Contrairement à ses homologues sur iOS et macOS, watchOS 27 fait l'impasse sur le fameux curseur permettant de doser la transparence de Liquid Glass. Un choix assumé, d'autant que c'est sur le petit écran de la montre que cette nouvelle direction esthétique a le moins heurté les détracteurs de la première heure.
Toutefois, comme le relèvent nos confrères de 9to5Mac, cette absence de réglage manuel n'a pas empêché les designers de Cupertino de procéder à quelques ajustements visuels discrets.
Ces retouches s'avèrent souvent chirurgicales. Dans les grandes lignes, le système de la montre calque logiquement son évolution sur les itérations de Liquid Glass que l'on observe actuellement sur l'iPhone.
Le changement le plus palpable réside sans doute dans la mise en exergue des boutons, dont le traitement gagne en lisibilité. Bien entendu, le cycle de développement n'en est qu'à ses débuts. D'ici la version finale, ces éléments d'interface sont encore largement susceptibles d'évoluer.
Météo a reçu une nouveauté sympathique dans les OS 27 : en fonction des prévisions, sa présentation peut changer pour mettre en avant les précipitations ou encore le vent. L’app propose désormais trois modes différents, deux de plus qu’avant. Celui par défaut continue de présenter les températures minimales et maximales pour aujourd’hui, puis pour les dix jours suivants. Un affichage précipitation se concentre sur la pluie (ou la neige) prévu dans les heures et jours qui viennent. Enfin, la vue vent permet de suivre la force ou la tranquillité des courants aériens.
Les trois modes de l’app Météo : températures à gauche, précipitations au centre, vent à droite. Image iGeneration.
Les développeurs de Météo ont essayé d’être malins, en activant automatiquement la configuration la plus appropriée à tout moment. La logique semble simple d’après ce que j’ai pu constater avec la première bêta : s’il va pleuvoir aujourd’hui, le mode dédié aux précipitations est actif. Peut-être que s’il y a une tempête suffisamment forte, le vent s’activera automatiquement, mais je n’ai pas réussi à trouver d’exemple. Le reste du temps, c’est la présentation standard, la seule proposée sous les OS 26, qui s’affiche.
L’utilisateur peut évidemment toujours changer de mode lui-même. Si vous n’aimez pas ce changement automatique des prévisions, vous pouvez le désactiver dans la section des Réglages dédiée à Météo. Pour revenir à l’ancien comportement, choisissez « Afficher la température » et vous pouvez aussi toujours voir par défaut les précipitations ou le vent. On note aussi l’ajout d’un paramètre supplémentaire, avec la possibilité d’afficher les conditions météorologiques horaires toutes les deux heures, au lieu de les avoir toutes les heures par défaut.
Les deux nouvelles options ajoutées à l’app Météo à gauche, les prévisions horaires toutes les deux heures à droite. Image iGeneration.
L’autre grosse nouveauté côté iPhone, c’est la prise en charge de l’orientation paysage. L’app Météo rejoint de nombreuses autres qui adaptent leur interface à un écran allongé, y compris sur un petit smartphone vendu par Apple. Bien entendu, l’intérêt devrait surtout être apparent dans quelques mois, quand un modèle pliant sera commercialisé…
iOS 27 : une douzaine d’applications supplémentaires adoptent l’orientation paysage
L’app Météo fonctionne maintenant aussi en paysage, ici avec le mode précipitations actif. Image iGeneration.
À peine les pré-commandes pour la nouvelle enceinte Google Home Speaker sont elles ouvertes, la firme de Mountain View a décidé de couper le robinet pour les anciens modèles, comme le rapporte 9to5Mac.
Fin de partie pour la Google Nest Audio. Image Google.
La nouvelle enceinte connectée de Google, faite pour épouser au mieux Gemini, est en pré-commande sur le site de Google, et devrait être disponible dès la semaine prochaine dans 18 pays. Pas une minute à perdre pour Google : les deux enceintes précédentes, la Nest Mini et la Nest Audio, sont immédiatement retirée de la production :
Alors que nous continuons à construire l’avenir de la maison connectée, nous faisons évoluer notre gamme d’appareils Google Home et Nest. Dans le cadre de cette évolution, nous avons mis fin à la production des Google Nest Mini et Google Nest Audio.
Nous restons pleinement engagés envers notre écosystème de maison connectée et envers les millions de personnes qui utilisent nos produits au quotidien. Les Nest Mini et Nest Audio déjà en circulation continueront à être entièrement pris en charge, avec des mises à jour logicielles régulières, des correctifs de sécurité et un service d’assistance client.
Ces deux enceintes connectées ne sont donc pas totalement abandonnées, mais il faut tout de même s’attendre à ce que la priorité soit donnée à la Google Home Speaker.
Google Home Speaker : le rival du HomePod mini dopé à Gemini est en précommande
D’autres produits sont en attente chez Google, comme le Google Home Display. En attendant, les Nest Hub et Nest Hub Max restent en vente… mais pour combien de temps ?dlvr.it
Il y a quelques semaines, Carl Pei s’était fait remarquer par une déclaration pour le moins abrupte : « Si vous songez à remplacer votre téléphone, le meilleur moment, c'était hier ». Sous ses airs de provocation, le patron de Nothing tient pourtant un discours de vérité face à l'inexorable flambée du coût des composants.
"Le meilleur moment pour changer de smartphone, c'était hier"
Le mur de l'inflation n'épargne pas Cupertino
Cette dynamique inflationniste guette inévitablement Apple. Tim Cook a d'ailleurs fini par concéder que la situation actuelle n’était pas tenable sur la durée et que les étiquettes des produits allaient, tôt ou tard, être revues à la hausse.
RAMpocalypse : Tim Cook prévient sans détour, les prix des produits Apple vont augmenter
De par sa taille et sa diversification grandissante dans les services, la Pomme dispose de leviers nettement plus puissants que ses concurrents pour amortir la crise. Mais ces amortisseurs ont leurs limites. Comme le résumait si bien Carl Pei : en période de pénurie, la mémoire ne s'achète pas, elle s'alloue. Les fabricants se retrouvent contraints de composer avec les volumes qu'on daigne leur céder, aux tarifs en vigueur. On prend ce que l'on nous donne, un point c'est tout.
Une réalité qui frappe d'ailleurs déjà les clients d'Apple, pour qui commander un Mac mini ou un Mac Studio relève parfois du véritable parcours du combattant.
Le grand paradoxe des promotions
Pourtant, la situation s'avère profondément paradoxale. Si demain s'annonce inéluctablement plus cher, la grille tarifaire d'hier (ou d'aujourd’hui) n’a jamais paru aussi accessible, sans doute portée par une guerre des prix acharnée entre les différents distributeurs.
Les exemples ne manquent pas. Cette semaine encore, le MacBook Neo a brièvement plongé sous la barre symbolique des 600 €. L’iPhone Air 512 Go s'est affiché à un tarif bradé de 949 € (une ristourne vertigineuse de 500 €), tandis que l’Apple Watch Series 11 se négocie sans mal avec 100 € de réduction.
Le marché technologique est parfois insaisissable. Quoi qu’il en soit, est-ce que cette hausse de prix annoncée va changer quelque chose à vos intentions d’achat ?dlvr.it
AirPods Ultra, Apple TV, HomePod mini, HomePad (ou smart hub)… La liste des produits bloqués par Apple à cause de ses retards dans l’intelligence artificielle est longue comme le bras, ou presque. Un tel embouteillage sur la feuille de route ne doit sans doute pas amuser le comptable de Cupertino.
Quoi qu’il en soit, la présentation d’iOS 27 montre que l’attente pour bon nombre de ces produits touche bientôt à sa fin. Avec Siri AI, Apple a semble-t-il prouvé qu'elle tenait enfin l’assistant que tout le monde espérait depuis des années.
Un silence radio assumé sur la domotique ?
L'application Maison n’a pas connu de grand chambardement en soi, du moins si l’on met de côté les fondations posées par Apple Intelligence. On ne serait pas étonné que cette discrétion soit totalement assumée : Apple garde très certainement des cartouches pour le jour où elle présentera son fameux HomePad au grand public, dont la commercialisation est pressentie pour cet automne.
HomePad : Face ID et profils, le hub domotique d’Apple se dévoile
Pourtant, les avancées d’Apple Intelligence dans les bêtas d'iOS 27 nous donnent une idée assez précise de ce que cet appareil sera capable d'accomplir. Résultat des courses : ce hub domestique pourrait s'avérer bien plus stratégique que certains le pensent.
Cet appareil, qui prendrait la forme d'une fusion entre un iPad et un HomePod mini, a pour ambition de s'imposer comme le centre nerveux de votre installation. L'idée est d'offrir un écran tactile pour tout contrôler, couplé à une interaction vocale sublimée par Siri. Mais IA oblige, c’est surtout lui qui est censé travailler en arrière-plan pour quasiment devancer vos envies. Pour accompagner ce nouveau cerveau, Apple plancherait d'ailleurs sur toute une gamme d’accessoires maison : sonnette, caméra, capteur de présence…
Domotique : le mystérieux capteur d’Apple commence à faire parler de lui
La vidéo sécurisée HomeKit refait enfin son retard
Si la technologie de Cupertino a pu être en avance par le passé dans le domaine de la vidéo sécurisée avec HomeKit Secure Video, elle faisait plutôt du surplace ces dernières années. C'est désormais de l'histoire ancienne. Avec l'injection d'Apple Intelligence, la plateforme domotique d'Apple rattrape enfin son retard sur la concurrence.
Le traitement vidéo s'affine grandement : l'IA analyse désormais les flux de vos caméras pour envoyer des notifications bien plus intelligentes. Fini le laconique « animal détecté », place à « chien dans le jardin ». Le générique « personne détectée » se transforme opportunément par « une personne a déposé un paquet ». Le système est même capable de résumer plusieurs actions en une seule notification contextuelle, ou d'identifier brièvement que quelqu'un tient un chat dans la cuisine. Si ces descriptions générées par l'IA restent pour l'instant plus concises que ce que proposent les algorithmes de Ring ou de Google, elles apportent un contexte supplémentaire fort bienvenu au quotidien.
La recherche en langage naturel est prometteuse. Demandez à l'application de vous montrer votre chat, et elle vous sortira l'historique des séquences félines, même si elle peine encore à distinguer le chat gris du chat noir. Sur une sonnette connectée, on imagine aisément l'utilité de la fonction pour retrouver rapidement à quelle heure le livreur est passé.
Au-delà de l'IA, c'est toute l'infrastructure de HomeKit Secure Video qui a été dépoussiérée. La capture, le stockage et le traitement des clips ont été accélérés. Les flux en direct se chargent plus vite et la stabilité globale fait un bond en avant. Mieux encore, la plateforme se prépare à accueillir des flux en 2K et 4K, bien qu'il faille attendre que les fabricants tiers (comme Aqara, Eve ou Eufy) déploient cette nouvelle spécification dans nos foyers.
L'énergie, le nouveau nerf de la guerre
L'autre nouveauté très attendue d'iOS 27 concerne la gestion de l'énergie via le standard Matter. L'application Maison s'enrichit d'un nouvel onglet Énergie, affichant des tuiles pour chaque appareil de surveillance compatible. On peut enfin consulter sa consommation en direct, ainsi que des historiques détaillés (jour, semaine, mois, année) en kWh pour une prise connectée.
Maison affiche (enfin !) la puissance des prises connectées Matter
Il y a tout de même un hic : pour l'heure, Apple ne permet pas d'utiliser ces précieuses données de consommation pour déclencher des automatisations. De la même manière, il est toujours impossible de lier un événement précis capturé par une caméra (comme la détection d'un colis) à une action domotique (allumer la lumière du porche), des fonctions pourtant devenues basiques chez Google Home. La marge de progression logicielle reste donc palpable.
Le puzzle s'assemble
Petit à petit, les pièces du puzzle finissent par s'emboîter. Ce HomePad s'annonce avant tout comme le véritable tableau de bord de votre foyer. Sa fonction première sera de vous tenir informé des moindres événements de la maison, en s'appuyant massivement sur ces caméras dopées à l'IA et leurs transcriptions intelligentes. Un journal de bord en quelque sorte.
Ce terminal servira évidemment à piloter votre domotique au doigt et à l'œil (température, éclairage, serrures), mais c'est bien sa capacité d'apprentissage qui fera la différence. On peut aisément imaginer l'IA analyser vos habitudes pour générer automatiquement des scénarios domotiques, un peu à la manière de la fonction permettant aujourd'hui de créer un raccourci à partir d'une simple description textuelle.
L’autre thématique lourde, c’est bien sûr la gestion de l’énergie. Apple multiplie les initiatives en ce sens, ne serait-ce qu'avec l'optimisation de la recharge de nos iPhone. Il est évident que la Pomme compte fournir aux utilisateurs des leviers visuels et pratiques pour réduire leur facture énergétique, directement depuis l'écran de ce HomePad.
La fonction Clean Energy Charging activée par défaut aux États-Unis sur iOS 16.1
Enfin, cet appareil fera naturellement office de centre multimédia pour gérer l'ambiance sonore de votre intérieur. C’est sans doute pour s'assurer que toutes ces briques (IA, domotique, interface, son) soient parfaitement imbriquées qu’Apple a préféré prendre son temps, emportant dans ce sillage stratégique la sortie de ses futurs HomePod et Apple TV. Seule ombre au tableau : on ne parierait pas sur une commercialisation en Europe dès le premier jour !
dlvr.it
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En 2024, Focal sortait ses premières enceintes connectées, les Focal Diva Utopia. Si à 35 000 € le ticket d’entrée paraissait déjà élevé, la marque française (même si récemment acquise par le groupe belge Barco) enfonce le clou en présentant la Diva Alta Utopia.
C’est beau… ça doit bien sonner… mais il va falloir sortir le chéquier. Image Focal.
Dans la gamme Utopia, il y a plusieurs niveaux d’enceintes colonnes : de la Scala Utopia Evo, « entrée de gamme » à 44 000 € la paire, jusqu’à la Grande Utopia EM Evo, culminant à 250 000 € les deux. Si la première enceinte connectée de Focal s’inspirait déjà de la Scala Utopia Evo et proposait ses services pour 35 000 € le kit, la marque a ensuite proposé la Diva Mezza Utopia, montant les caractéristiques d’un cran, avec quatre haut-parleurs de graves passant de 16,5 cm à 20,5 cm, et une section amplification qui augmentait en conséquence en passant de 400 à 500 W. Le prix lui aussi augmentait en conséquence, à 65 000 € la paire.
Et Focal présente cette année les Diva Alta Utopia. Si elles reprennent l’architecture des Mezza Utopia, elles rajoutent cette fois-ci une voie de plus avec l’ajoute d’un haut-parleur medium supplémentaire, utilisant la fameuse membrane en « W » de la marque. L’amplification toujours produite par Naim passe à un monstrueux 600 W par enceinte, et les dimensions générales sont tout aussi monstrueuses, avec des colonnes de 1,48 mètre de haut pour 106,5 kg.
Focal sort des enceintes connectées. Devialet ? Pas assez cher, mon fils...
Comme les Diva Utopia « de base », elles peuvent recevoir du WAV, du FLAC, de l’AIFF, mais aussi de l’ALAC (Apple Lossless Audio Codec), du MP3, de l’AAC, du OGG, et même du DSD64 et 128. Pour les alimenter en fichiers, elles sont compatibles Bluetooth aptX, ainsi qu'AirPlay 2, Google Cast, Spotify Connect, TIDAL Connect et Qobuz Connect.
Et le prix dans tout ça ? Préparez le conseiller bancaire, l’addition est salée. Si les Diva Utopia se présentent à 35 000 € la paire, les Diva Mezza Utopia à 65 000 €, le nouveau haut de gamme rejoint la stratosphère avec un tarif de 190 000 € les deux. Pour le prix, rassurez-vous, la télécommande est incluse. C’est déjà ça.
Viendra, viendra pas ? Concernant le successeur de l’iPhone Air, après quelques mois de doutes, les fuiteurs s’accordent de plus en plus sur le fait qu’il devrait bien sortir, et Mark Gurman en remet ce soir une couche en annonçant qu’il se prépare pour le printemps 2027.
L’iPhone Air devrait bien avoir un successeur, qui reprendrait la même silhouette. Image Apple.
Les prototypes seraient déjà bien avancés, et les spécifications en grande majorité arrêtées : l’appareil devrait (enfin) contenir deux objectifs pour l’appareil photo arrière, ajoutant un très grand angle bienvenu à l’iPhone Air. Mais si l’aspect général restera identique à l’actuel, Apple aurait décidé d’améliorer plusieurs points d’achoppement remontés par les utilisateurs, dont l’autonomie de la batterie, qui reste acceptable mais pas extraordinaire. Est-ce que cette amélioration proviendra d’une batterie plus grande que l’actuelle ? Aucune précision n’a été donnée sur ce sujet, et Apple pourrait très bien jouer sur l’efficience des composants plutôt que d’intégrer une batterie plus volumineuse.
Re-test de l’iPhone Air : pas si mal l’air de rien
Comme pour l’iPhone Air actuel qui partage son SoC A19 Pro avec la gamme Pro/Pro Max, la nouvelle version utiliserait l’A20 Pro qui devrait être présenté en fin d’année sur la nouvelle gamme iPhone 18 Pro/Pro Max.
Selon les retours entendus par Mark Gurman, Apple aurait spécifiquement axé ses points d’améliorations sur l’appareil photo et la batterie après avoir écouté les retours des utilisateurs. Et ces derniers mettraient l’absence d’ultra grand-angle en priorité, la batterie arrivant en seconde position des retours.
iPhone Air 2 : vers un modèle sans concurrents, les autres marques auraient jeté l’éponge
Quoi qu’il en soit, les rumeurs s’accordent aussi sur le fait qu’Apple ne présenterait ce nouvel iPhone Air qu’au printemps 2027, en même temps que le prochain iPhone 18. Voilà qui séparerait clairement la gamme en deux parties, avec d’un côté le « haut de gamme » composé de l’iPhone 18 Pro, l’iPhone 18 Pro Max et l’iPhone Ultra, présentés en automne 2026, et de l’autre l’iPhone 18, l’iPhone Air 2 (et possiblement l’iPhone 18e ?) au printemps 2027.
Microsoft a décidé de s’attaquer à WebKit, et pour ça il a trouvé la cible de choix : son utilisation obligatoire sur iPhone. Selon la firme de Redmond, son utilisation handicape l’iPhone à hauteur de quasi 30 % de performances en moins, comme le rapporte The Register.
Edge est disponible depuis 2017 sur iPhone, mais avec WebKit obligatoirement. Image Microsoft.
Dans le petit monde des navigateurs internet, il y a trois moteurs installés : Blink, utilisé par Chrome et tous les navigateurs basés sur Chromium tels que Edge, Vivaldi, Brave ou Opéra ; WebKit, servant principalement à Safari ; et Gecko, le moteur de Firefox. Si ce dernier a longtemps été le navigateur de choix durant les années 2000, il ne compterait aujourd’hui que pour 2 % des utilisateurs, autrement dit plus grand chose pour concurrencer Blink et WebKit.
Concernant WebKit, les chiffres sont bien plus importants. S’il compte pour 23,4 % des navigateurs mobiles dans le monde, cette part monte à 51,2 % aux USA, ce qui montre bien la domination de l’iPhone dans le pays. Et toute l’importance de WebKit se situe ici : si les développeurs web peuvent facilement l’ignorer concernant la navigation sur ordinateur, le moteur de Safari est beaucoup plus difficilement occultable sur mobile, avec des parts variant d’un quart à plus de la moitié du marché selon le pays.
Apple a bien compris l’importance de WebKit sur son smartphone, et c’est probablement la raison principale de sa position sans équivoque sur les navigateurs autorisés sur iPhone : des concurrents peuvent s’installer, mais à une seule condition, que WebKit reste le moteur. Il y a bien l’Union européenne qui a forcé Cupertino à ouvrir l’iPhone à d’autres moteurs, mais à part quelques démonstrations de Google ou Mozilla, rien de concret n’est arrivé sur la plateforme. Et à quoi bon ? Quel intérêt à développer une version spécifique d’un navigateur pour l’UE si le reste du monde ne peut pas l’utiliser ?
Microsoft a donc décidé d’attaquer frontalement WebKit, par là où ça fait mal : l’entreprise de Redmond estime que 28,6 % de performances sont perdus sur iPhone, du fait de l’utilisation de WebKit quand Blink pourrait le remplacer. Pour ce faire, elle a utilisé plusieurs outils de benchmark, dont Speedometer 3.1. Et le résultat serait sans appel : le moteur WebKit ferait perdre quasiment 30 % de performances sur iPhone par rapport à un navigateur utilisant Blink sur une structure de type Chromium.
Pour effectuer ses tests dans un semblant de monde réel, Microsoft a justement utilisé la porte laissée ouverte par le DMA, en installant sur un iPhone de test une version de Edge utilisant Blink grâce au BrowserEngineKit mis en place par Apple suite aux exigences européennes. Et ce navigateur made in Redmond bat à chaque fois Safari : 28,6 % sur Speedometer, mais aussi 13,1 % de mieux sur JavaScript ou, plus faible mais toujours meilleur, 2,1 % de mieux sur MotionMark 1.3.1.
Kyle Pflug, responsable produit pour Microsoft Edge, rappelle cependant qu’il s’agit « d’un prototype, pas d’une annonce de sortie produit, et ce sont des chiffres produits sur [mon] iPhone, non des résultats de labo. [...] Mais ces résultats prouvent qu’il y a une opportunité à saisir pour améliorer les performances et ouvrir un nouveau front de compétition. ».
Bien entendu, le responsable développement Chrome chez Google a immédiatement sauté sur l’occasion pour en rajouter :
Étant donné que Chromium et WebKit sont toujours au coude à coude niveau performances sur macOS, c’est bluffant de voir à quel point l’écart est important sur iOS ! [...] Et nous n’avons même pas encore cherché à optimiser le moteur pour la plateforme ! Ça montre à mon sens à quel point les choses peuvent traîner en l’absence de compétition. »
Apple, de son côté, n’a pas (encore ?) émis de commentaires sur ces résultats. Reste que pour le coup, Cupertino a bien ouvert comme demandé la possibilité d’un moteur de rendu web différent sur iPhone, suite à la demande de l’UE. Si les limites budgétaires de Mozilla se comprennent, il est étonnant de voir qu’il a fallu deux ans à Microsoft, ou encore à Google, pour réaliser qu’il y avait possiblement une opportunité sur iOS, et de les voir écarquiller les yeux sur des résultats de tests qu’ils auraient pu faire bien avant.
Est-ce pour autant entièrement de la faute de Microsoft et Google ? Comme toujours, la réalité est plus nuancée : si ces deux mastodontes avaient largement les moyens de proposer une version spécifique en UE avec leur propre moteur de rendu, Apple a certes ouvert la plateforme mais complique les choses pour des apps qui se veulent être présentes dans le monde entier : il aurait fallu proposer une version spécifique entièrement indépendante de Chrome ou Edge sur iPhone, et donc repartir entièrement de zéro pour attirer les utilisateurs déjà présents sur leurs navigateurs motorisés par WebKit.
DMA : Apple accusée d’empêcher le développement de navigateurs sans WebKit
Alex Moore, directeur de l’Open Web Advocacy, en appelle donc à l’Union européenne et au Japon (qui a lui aussi imposé l’ouverture du moteur de rendu web sur iPhone) afin de forcer un peu la main à Apple, encore une fois :
C’est un exemple clair des coûts qu’Apple impose aux consommateurs et aux entreprises du monde entier, des coûts créés par son interdiction des moteurs de navigateur concurrents depuis maintenant 17 ans.
Même dans l’Union européenne et au Japon, où Apple est désormais tenu d’autoriser les éditeurs de navigateurs à utiliser leurs propres moteurs, les obstacles qu’elle a mis en place empêchent dans les faits les développeurs de porter leurs moteurs sur iOS. Alors qu’Apple a désormais eu plus de deux ans pour proposer une solution conforme, la Commission européenne devrait ouvrir une procédure de spécification afin d’indiquer précisément à Apple comment ces obstacles doivent être supprimés.
Si Apple peut restreindre les moteurs de navigateur sur iOS, l’entreprise peut également limiter les capacités du web mobile et maintenir les entreprises dans une dépendance aux applications natives et aux règles de l’App Store. À nos yeux, il s’agit de loin de l’intervention la plus importante que l’Union européenne puisse entreprendre, et de celle qui a le plus de chances de transformer l’ensemble de l’écosystème mobile. Aucune autre mesure n’arrive à ce niveau d’importance.
L’appel sera-t-il écouté ? Rien n’est moins sûr, mais Microsoft avec sa « découverte » fait clairement un appel du pied aux autorités de régulation en ce sens.
dlvr.it
Jusqu’à présent, Apple semblait surfer bon gré mal gré sur la vague de la RAMpocalypse : les gammes fixes voyaient leurs tarifs augmenter, voire certains pans de la gamme disparaître comme pour les Mac mini et Mac Studio, mais le cœur des ventes, à savoir les iPhone, restait solidement sur ses prix d’origine. Cependant, Tim Cook a indiqué ce soir au Wall Street Journal qu’il ne faut pas croire que cet état de grâce se prolongera éternellement.
Tim Cook appelle l’administration US à revoir les interdictions de commerce avec la Chine sur la RAM. Image Wikipedia/Junyi Lou, CC BY-SA 4.0.
Malheureusement, une hausse des tarifs est inévitable. [...] Nous faisons de notre mieux pour amortir la très forte hausse qu’on nous soumet, et nous avons autant que possible tenté de protéger nos clients de ces hausses, mais la situation est devenue ingérable.
Bien entendu, Tim Cook n’a pas dévoilé le plan précis des hausses qu’il indique comme inéluctables, ni les produits qui seront affectés par celles-ci. Cependant, le calendrier des sorties permet de se faire une petite idée d’avance.
RAMpocalypse : chez HP, la mémoire représente maintenant 35 % du coût de fabrication d’un PC
Concernant les Mac et les iPad, la hausse pourrait apparaître assez rapidement, comme on l’a vu récemment pour le Mac mini qui a vu ses tarifs augmenter sans annonce particulière. Pour les iPhone, c’est encore autre chose : la gamme actuelle devrait finir son cycle sans hausse jusqu’à cet automne, mais il est fort probable après une telle annonce de Tim Cook que les prix des iPhone 18 Pro/Pro Max devraient subir une hausse conséquente par rapport aux iPhone 17 Pro/Pro Max sortis à l’automne dernier. Le WSJ table même sur un tarif de 1 299 dollars pour l’entrée de gamme de l’iPhone 18 Pro, à comparer aux 1 099 dollars demandés actuellement.
Il faut dire que la RAM et la mémoire flash, deux des composants de base d’un iPhone comme de tous les autres produits de Cupertino ont vu une inflation gigantesque depuis l’année dernière : la RAM et la mémoire flash ont vu leurs tarifs quadrupler en quelques mois. Ces augmentations font bien entendu des heureux du côté des fabricants, avec SK Hynix et Micron qui ont vu leurs actions prendre 800 %, quand Kioxia et Sandisk ont pulvérisé des records avec une hausse de 4 600 % !
RAMpocalypse : Apple tente la Chine pour échapper à l’emprise de Samsung et SK Hynix
Pour Tim Cook, la situation est infernale : « Il y a moins d’offre alors que les utilisateurs continuent d’acheter des appareils en grand nombre, et les fabricants de mémoire montent énormément leurs tarifs. [...] Nous avons urgemment besoin d’une production de mémoire vive qui retourne à des tarifs et des quantités raisonnables pour les produits destinés aux consommateurs. C’est vital. ».
Le patron d’Apple en vient même à demander un allègement des contraintes empêchant les entreprises américaines de se fournir auprès des géants chinois de la mémoire : « Je crois que toute solution doit être mise sur la table, nous devons étudier toute source possible ». Apple est même prête à mettre la main à la poche, en utilisant ses réserves de cash pour aider à améliorer la situation : « Nous sommes prêts à utiliser nos ressources financières pour aider à trouver une solution. Clairement, une plus grande production est nécessaire. », mais Cupertino n’ira pas jusqu’à créer ses propres usines dédiées aux puces de mémoire et de flash : « Nous ne pouvons pas tout faire non plus. Nous savons où sont nos compétences. ».
Quel pourrait être l'impact de la RAMpocalypse sur Apple ?
La situation est inédite, et Tim Cook, présent dans l’industrie depuis maintenant quasiment un demi-siècle, en est bien conscient : « C’est l’équivalent d’une crue centennale. Je n’ai jamais vu une telle situation dans le domaine en plus de 40 ans. ». Cette crise devra bien trouver une porte de sortie… mais laquelle, et quand ?