Fermer les marchés obligataires.
La proposition de Frédéric Lordon provoque immédiatement les mêmes réactions dans les milieux financiers : sidération, puis la suffocation.
C'est qu'en quarante ans de néolibéralisme, certaines institutions financières ont acquis le statut des phénomènes naturels. Elles paraissent aussi indiscutables que les marées ou la gravitation.
Or les marchés obligataires ne financent pas seulement les États. Ils disciplinent aussi leurs politiques. Frédéric Lordon résume leur fonction en deux mots : le pouvoir des créanciers.
Tant que les États dépendent du jugement permanent des détenteurs de leur dette, leurs politiques restent placées sous surveillance. Frédéric Lordon recommande donc de retirer aux créanciers cette capacité de surveillance permanente.
Une obligation achetée ne pourrait plus être revendue à tout moment. Elle resterait détenue jusqu'à son échéance. C'est-à-dire qu'une dette émise pour dix ans resterait détenue dix ans. Les créanciers continueraient d'être remboursés.
Mais le marché secondaire disparaîtrait.
Et avec lui une part du pouvoir qu'exercent aujourd'hui les créanciers sur les États.
Quand un allié réhabilite des collaborateurs nazis, on parle de « politique mémorielle ». Quand un adversaire fait la même chose, on parle de révisionnisme.
En accès libre. www.monde-diplomatique.fr/2022/03/RIMB...
À propos de la réhabilitation de certaines figures du nationalisme ukrainien, nous republions ce cavalier de Pierre Rimbert. ⤵️
Derrière chaque institution financière se cache un choix politique.
Et donc la possibilité d'un autre partage du pouvoir.
L'épisode 3 de la série « Défoncer la finance néolibérale », est en accès libre.
blog.mondediplo.net/defoncer-la-...