Le pire quand on a renoncé face à la maladie, ce sont les autres.
On a renoncé à se battre. On accepte la défaite. On sait que notre corps n’a plus l’énergie, même la frustration est une perte de temps.
Alors, l’espoir dans les yeux des autres, comme ceux de son petit-fils Koji, est un acide usant.
Le gars du pickup était dans un sale état. Le choc contre les rochers n’avait pas aidé il faut dire.
Ce qui le turlupinait, c’était cette boîte réfrigérée contenant des seringues, bien calée dans le coffre.
Et surtout : les noms inscrits dessus. Ce n’était pas de prénoms d’humains mais d’animaux.
En voiture, ma fille, 11 ans, arrive à me faire remarquer que c’est bizarre d’arroser des champs à 13 heures quand il fait ce temps.
J’ai parfois honte de lui laisser ce monde.